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PAYS DE THÔNES

Situation géographique par rapport au département
Petit territoire montagnard, le Pays de Thônes, situé à une vingtaine de kilomètres à l’est d’Annecy, est adossé à la chaîne des Aravis (point culminant, la Pointe Percée : 2 750 m).

Géographiquement, la région est bien identifiée car on n’y accède que par des cols (col de la Colombière, col des Aravis, col de Bluffy) ou des défilés (défilé de Dingy, des Etroits, des Essérieux).

Villes principales
Thônes, La Clusaz, Le Grand Bornand

Population totale

La population du Pays de Thônes a beaucoup augmenté jusqu’à la fin des années 90 (+35% entre 1982 et 2000). Elle compte aujourd’hui près de 18 000 habitants permanents.

Activités et spécificités du territoire
Le Pays de Thônes est perçu comme un territoire où il fait bon vivre. Il dispose d’un cadre naturel exceptionnel de montagne ouverte, entretenue et accueillante. Il bénéficie aussi d’un niveau d’équipement, de services et de commerces, lié à la présence d’une importante population touristique et complétée par la proximité d’Annecy, qui est à moins d’une demie-heure de voiture.

Bien que très proche de l’agglomération annécienne, ce secteur bénéficie d’un développement économique propre, bien sûr dopé par le tourisme.

On y compte :
- plus de 1 650 établissements d’activité économique dont plus de 100 entreprises du BTP, plus de 360 commerces et artisans de l’alimentaire ;
- plus de 6 500 emplois salariés, très majoritairement occupés par des résidents - environ 60 000 lits touristiques.

Le Pays de Thônes est composé de treize communes qui présentent des physionomies assez différentes : Thônes reste le bourg-centre avec près de 6000 habitants et une forte activité commerciale. La Clusaz et Le Grand Bornand, les deux stations renommées des Aravis, se partagent la deuxième place avec chacune un peu plus de 2 000 habitants. A elles trois, ces communes représentent 60% de la population, près de 80% des emplois et les 3/4 des établissements d’activité économique. Les autres communes sont plus rurales avec un développement  résidentiel plus ou moins important, suivant leur situation. Saint-Jean-de-Sixt est très convoité pour sa proximité avec les stations. Entremont  et les Villards sur Thônes voient arriver une demande de construction qui ne peut pas être satisfaite sur les communes du haut où l’immobilier est très cher. Manigod, qui dispose aussi d’une petite station de ski, conjugue assez bien une capacité d’accueil touristique non négligeable et un caractère agricole fort. Aux Clefs-sur-Thônes, la proximité de Thônes crée une importante demande résidentielle. Alex, Dingy-Saint-Clair et La Balme de Thuy subissent l’influence de l’agglomération annécienne toute proche. Seules Serraval et surtout Le Bouchet Mont Charvin ont conservé un caractère exclusivement rural.


• Activités  agricoles

L’agriculture du Pays de Thônes est encore exceptionnellement dynamique pour une zone de montagne et marque le territoire de son empreinte. Elle a très bien résisté à l’exode rurale ; ainsi elle n’a perdu que 4% de ses exploitations professionnelles entre 1979 et 2000 contre plus de 30% pour l’ensemble du département de la Haute-Savoie. On a donc un tissu d’exploitations très dense, constitué de petites exploitations familiales, mais modernisées et rentables. L’exploitation mari-femme est encore le standard et les GAEC sont moins nombreux que sur les autres secteurs du département.

Néanmoins depuis 2006, conséquences de difficultés importantes sur les marchés du Reblochon fermier, les fermes connaissent des baisses de revenu significatives. Le risque de restructuration (moins d’exploitations et des exploitations plus grandes) inquiète responsables agricoles et élus locaux. Le défi à relever pour les prochaines années sera le maintien  de la valorisation des fromages. Ainsi, la Communauté de Communes des Vallées de Thônes vient de déposer un projet de Pôle d’Excellence Rurale qui vise à ré-ancrer les fromages fermiers du Pays de Thônes à leur territoire.

Des particularités historiques :

•  La transformation généralisée du lait à la ferme, grâce à des savoir-faire anciens, elle ajoute de la valeur au  lait ; on obtient une valorisation de l’ordre de 0,80 € par litre de lait transformé en reblochon, quand elle est de 0,45 € par litre de lait à reblochon vendu à un industriel et de 0,32 € par litre de lait standard (moyenne nationale);


Un fromage emblématique le Reblochon Fermier : le Reblochon de Savoie AOC est un produit intéressant pour son rendement et sa durée d’affinage plutôt courte (en comparaison des pâtes pressées cuites par exemple), c’est aussi un produit haut de gamme qui a vu sa production augmenter sans soucis de débouché pendant de nombreuses années ;

Une organisation commerciale efficace,  avec les affineurs terminant l’affinage et assurant la commercialisation, qui a permis une diffusion importante du produit et donc le maintien en amont d’un nombre important d’exploitations.


Une agriculture très présente sur le territoire.
Cette valorisation a donné les moyens aux exploitations d’acheter une partie du foin nécessaire pour nourrir les vaches l’hiver et d’acheter des génisses de renouvellement. Ainsi, le nombre d’exploitations a pu être « calibré », non pas sur les surfaces de vallée largement insuffisantes, mais sur les surfaces d’alpage, assez vastes pour assurer le pâturage des troupeaux pendant toute la belle saison.

Une pratique d’alpage unique en son genre : par son intensité (la moitié des animaux laitiers estivés en Haute-Savoie le sont sur le Pays de Thônes, 245 unités pastoral dont 117 unités avec des animaux laitiers et fabrication sur l’alpage, les 2/3 des fermes laitières ont un alpage avec fabrication…) et par sa forme (alpage individuel, famille qui habite au chalet d’alpage de mai à octobre…), contribuant ainsi à donner l’image d’une montagne vivante.



Les chiffres de l’agriculture du Pays de Thônes

Une agriculture nombreuse : On compte 220 exploitations, essentiellement des exploitations d’élevage,  dont 175 exploitations laitières, parmi lesquelles 145 en vaches laitières et 17 en chèvres ou brebis.

Une agriculture qui compte :  10% des vaches et du lait du département, près de 3000 tonnes de fromage pour un chiffre d’affaire estimé à 20 millions d’Euros.

Une agriculture porteuse d’identité : 100% de petites exploitations, 160 fermes qui transforment sur place tout leur lait en fromages fermiers, 6 000 hectares d’alpages et les 2/3 des troupeaux laitiers qui « emmontagnent ».

Une agriculture qui manque de surface : près de la moitié des exploitations achètent au moins la moitié du foin nécessaire pour l’hiver.

Tendances pour les dix années à venir
Les grands enjeux :
maîtriser  la consommation de foncier pour préserver à la fois l’activité agricole et le paysage ;
maintenir un équilibre entre les activités pour garder un territoire vivant et authentique : l’agriculture et la forêt, le tourisme, l’artisanat et l’industrie, sans oublier l’économie résidentielle ;
conserver une forte identité culturelle malgré le développement du tourisme, l’apport de population et les évolutions économiques
• faire le pari d’une valorisation conjointe des produits et du territoire et recréer le « Pays du Reblochon Fermier »
• garder une bonne valorisation des fromages fermiers du territoire pour maintenir le revenu des exploitations ; différencier le reblochon fermier au sein du reblochon.

 

Photo : © Chambre d'Agriculture de Haute-Savoie (74)

 

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